Je ne vais pas écrire cet article moi-même, étant donné qu'un ami à moi en école de journalisme était présent ce jour la, afin de s'exercer au métier de journaliste spécialisé dans les affaires judiciaires, et qu'il a écrit un article génial, publié ici en exclusivité...
Rappelons d'abord le pourquoi de l'affaire d'aujourd'hui. Le Poulet aurait malencontreusement de son plein gré attenté au fessier d'une jeune mère du même âge que lui sur son lieu de travail, et ce au moyen d'une claque. Il aurait également précisé juste après : " Quand je vois un beau cul je ne peux m'empêcher d'y toucher ". On reconnait tous là la prose de notre cher Poulet, et ne comprenons pas encore pourquoi la plaignante ne s'est pas sentie honorée d'un tel acte. Voila pour ce qui lui est reproché sur sa convocation, mais il est utile de rappeler d'autres détails sur cette histoire, comme le fait que la plaignante n'ait pas mal réagi au moment des faits, qu'elle n'est plus venue travailler dés le lendemain, que son compagnon a voulu péter la gueule au Poulet à la sortie du McDo suite à ça, que la plainte a été déposée 3 mois après l'acte, que Le Poulet à fait une déposition à un gendarme qu'il a du complètement répéter à un autre deux mois après, avec en bonus une séance photo plus les relevés d'empreintes digitales et d'ADN qui sont de rigueur maintenant lors des plaintes incluant une atteinte sexuelle, et qu'il a du aller voir un psy chargé de savoir s'il était un malade mental.
Premières impressions
Il est 13 heures 55, l'audience commence dans 5 minutes. Le Poulet arrive, clope au bec, costume gris et chemise blanche avec une femme. Je m'approche, lui dit bonjour. Il me précise qu'il faut éviter qu'un accusé soit trop proche d'un journaliste, je conserve donc une attitude professionnelle avec ce vieil ami. Je commence par une petite interview pour connaitre ses sentiments sur l'instruction de cet après-midi. Il me dit qu'il se sent nerveux, étant donné que c'est son premier passage au tribunal. Je lui demande si la femme a coté de lui est son avocate, et il s'avère qu'en fait c'est sa mère. Il me précise qu'il n'a pas d'avocat, et qu'il a préparé sa défense tout seul. Il reste donc égal à lui-même même face à sa plus grande peur : la Justice.
L'entrée au tribunal
Elle se fait comme d'habitude en passant sous un détecteur à métaux, et prévenus et plaignants vont consulter le tableau des audiences de cet après-midi. Une dizaine d'affaires sont au programme, la journée va être longue. Comme l'a dit Alain Juppé, le plus gros défaut de la Justice est qu'elle dispose du temps des gens comme bon lui semble, et tous, accusés comme plaignant sont convoqués à la même heure.
14 heures, la salle d'audience correctionnelle ouvre. Le tribunal est ouvert au public, et une bonne brochette de retraités sont la pour le spectacle, ainsi que les familles et quelques amis des accusés et des plaignants. Je suis assis juste derrière Le Poulet pour mieux analyser ses sentiments, la plaignante et son petit ami sont assis deux rangs en face de lui. Je vois un Poulet nerveux, agité dans son costume trois pièces. Les affaires défilent : État contre une jeune fille ex-policière au tempérament tout sauf docile, qui a détourné uniformes et gilets-pare-balles de son commissariat, trentenaire informaticien qui vit encore chez ses parents, sans amis et encore vierge qui a été convoqué ici pour possession de plusieurs milliers d'images pédophiles sur son ordinateur, couple de cambrioleurs illettrés niant les faits, et ayant tenté de se grimer ridiculement ( avec juste une teinture pour l'homme et une nouvelle coupe de cheveux pour la femme, il est vrai qu'on ne peut pas les reconnaitre comme ça ) pour que l'on ne les reconnaisse pas alors que leur camionnette et son immatriculation ont été vus sur le lieu du crime, que leur silhouette a été reconnue par le plaignant, et que même leur avocat trouve ses clients aberrants. 3 heures passent comme ça et La Poulet n'a toujours pas été entendu. Il fait donc une pause clope en sortant de la salle. En revenant, il peste contre la dizaine d'étudiants rentrés dans la salle et pas discrets pour deux sous, et contre ce père de famille a qui il a été demandé de sortir car son bébé ne cessait de pleurer. Une demi heure plus tard c'est enfin son tour.
Défense inutile, plainte floue...
Le rappel des faits à le mérite de faire rire le public, et Le Poulet commence sa plaidoirie. Il précise qu'il n'avait aucun but sexuel lors de l'acte, qu'il n'a jamais voulu sortir avec la plaignante, et qu'ils étaient juste bons amis à l'époque. La plaignante dit qu'elle n'est plus venue travailler par la suite a cause de cet acte, car elle ne savait pas si il pouvait recommencer, dit qu'elle était effrayée par Le Poulet, qu'elle ne savait pas si le directeur du McDonald's des Herbiers l'avait sanctionné ou pas, suite au mensonge de ce directeur qui lui a dit qu'il l'avait sanctionné alors que c'était faux. Le Poulet se tourne donc vers elle, la regarde dans les yeux et se dit désolé qu'elle ait perdu son emploi a cause de lui, que ce n'était pas son but, et qu'il trouvait son acte d'une puérilité qu'il regrette encore aujourd'hui. Connaissant plutôt bien le personnage je ne dirais pas qu'il essayait juste de caresser les jurés dans le sens du poil mais un tel regret de son acte ne lui ressemble pas. Enfin ce n'est qu'un avis personnel. Le juge demande ensuite pourquoi elle a mis autant de temps a porter plainte. Elle précise qu'à la base elle ne voulait pas porter plainte contre Le Poulet, mais qu'après avoir posé une main courante contre lui, les gendarmes des Herbiers l'ont poussé à le faire, et sachant qu'il n'avait pas été sanctionné, elle passa donc à l'acte. Le responsable de la mise en Justice du créateur du blog www.lepouletxxvi.skyblog.com n'était donc pas la plaignante en elle même mais indirectement l'ancien directeur du McDo des Herbiers et plus directement la gendarmerie de cette même ville. La procureur de la république de cette audience annonce les sanctions pouvant être encourues : 300 euros d'amende et 6 mois de prison avec sursis. Les jurés se retirent pour délibérer sur la première partie des affaires la journée. Il est 17 heures 30, Le Poulet à l'air un peu plus serein quand il sort fumer sa clope. Il rejoint ensuite la salle d'audience, une retraités lui prend l'épaule et lui dit : ' je suis avec vous, c'est ridicule ce qui vous arrive, ne vous inquiétez pas. ", un autre lui prend le bras et lui souhaite du courage, lui offre son soutien. Il les remercie chaudement, me souris, et retourne dans ses pensées. Le jeune fille détourneuse de matériel de police le regarde et lui dit qu'il ne va rien lui arriver, que son affaire était vraiment pas grave par rapport aux autres. Il lui souris également en levant le pouce en l'air. Les jurés reviennent, et commencent à prononcer les sentences. Arrive le tour de l'intéressé : aux vues de sa psychologie et du flou qui tourne au niveau des raisons de la plainte, l'accusé est condamné a 150 euros d'amende et 100 euros de dommages et intérêts. Le Poulet souffle, cette affaire qui lui prenait la tête depuis presque 8 mois est enfin finie Sa mère le raccompagne chez lui, où je le rejoint plus tard. Il ne m'ouvre pas, je regarde à travers ses volets et le voit allongé sur son lit. Il m'avouera plus tard qu'il n'avais pas réussi à dormir depuis 8 jours car le procès lui emplissait l'esprit à chaque instant, et qu'il ne s'est réveillé que le lendemain sur les coups de 16 heures.
Conclusion
Pour finir que pouvons nous faire ressortir de cette affaire ? Premièrement que n'importe quel acte qui porte atteinte au physique d'une femme est un délit. Ensuite que la politique sarkozyste imposant aux flics des 'quotas" a fait son effet lors de cette journée, et enfin que l'inactivité de certains responsables professionnels peut influer sur plusieurs vies.
Edward Nascoiech




